
Joshué Collin
15 février 2025
Quand j'ai commencé à créer sérieusement — de la musique d'abord, puis du design, puis du code — j'avais une obsession : faire des choses qui sonnent juste. Pas techniquement parfaites. Justes.
Ça m'a pris des années à comprendre ce que ça voulait dire.
Le geste avant l'outil
Un geste, en arts, c'est un mouvement qui porte une intention. Le peintre qui trace une ligne avec conviction — c'est un geste. Le musicien qui joue une note avec toute sa vulnérabilité — c'est un geste.
Le problème avec la création contemporaine, c'est qu'on commence souvent par l'outil. On ouvre Photoshop avant d'avoir une vision. On code avant d'avoir compris le problème. On publie avant d'avoir quelque chose à dire.
Réinventer le geste, pour moi, c'est inverser cet ordre. Commencer par l'humain. Par l'émotion qu'on veut provoquer. Par l'histoire qu'on veut raconter. Et ensuite — seulement ensuite — choisir les outils.
La culture humaine comme point de départ
Chaque projet que je prends commence par une immersion. Pas dans les briefs PowerPoint ou les benchmarks concurrentiels. Dans la réalité humaine du client.
Pour La Brassée, j'ai passé du temps dans le café avant de toucher à un pixel. À observer les clients, à écouter les conversations, à sentir l'énergie du lieu.
Pour Nova Musique, j'ai écouté des heures de musique québécoise avant de concevoir quoi que ce soit. Pour comprendre ce que cette scène musicale avait d'unique, d'irremplaçable.
C'est de là que vient le design qui résonne. Pas des tendances Behance ou des templates Figma.
L'orchestration comme geste total
Ce que j'appelle l'orchestration, c'est la capacité à tenir tous les fils créatifs d'un projet en même temps — le visuel, le sonore, le narratif, le technique — et à les faire converger en un geste cohérent.
C'est ce qui distingue un livrable d'une expérience. Un logo d'une identité. Un site web d'un écosystème.
Et c'est ce que je cherche dans chaque projet : le geste total.
